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Κυριακή 12 Ιουνίου 2022

Articles chrétiens orthodoxes en français

         
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St. Martin, Patron de la France Saint Cassien d'Autun St.Gallus Evangeliste de la Suisse


 

Κυριακή 14 Ιουνίου 2020

Dimanche de tous les saints


Κυριακή των Αγίων Πάντων - Ορθοδοξία News Agency
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Sagesse Orthodoxe.fr

Les saints, c’est nous –
Le dimanche qui suit la Pentecôte est dédié à tous les saints. Mais il ne s’agit pas, d’après l’évangile que nous venons d’entendre (Matthieu 10, 32-33, 37-38 ; 19, 27-30), des saints du passé. Les saints ne sont pas seulement les autres, des hommes et des femmes qui ont été canonisés autrefois ou plus récemment, comme saint Sophrone le Nouveau ou saint Païssios l’Athonite
Non : la sainteté, c’est pour maintenant ! Le futur grammatical qu’emploie notre Maître en ce jour nous désigne : qui me reconnaîtra… Je le reconnaîtrai devant le Père. Et ce futur désigne également notre avenir à tous, la perspective du Jugement dernier. La question de la sainteté est d’actualité. Pourquoi ? – parce que la sainteté de ses membres atteste la vie du Corps.
 
Le Christ présent par les saints
Le Christ vit dans la société civile et dans l’ensemble de la Création par la sainteté de ses membres. La communauté humaine planétaire est soutenue par la présence des justes et des saints au milieu d’elle. Saint Justin le Philosophe écrit que « si Dieu retarde la catastrophe qui doit bouleverser l’univers… c’est en raison de la famille des chrétiens, en qui Il voit un motif de conserver le monde » (Apologie II, 7). 
A l’époque de l’oppression bolchévique, c’est la présence des saints et des martyrs dans la société qui a maintenue celle-ci en vie pour des temps meilleurs. Tout récemment, l’expérience de la pandémie l’a encore montré : la présence d’un nombre incalculable de personnes choisissant le Christ tous les jours, priant pour le Salut du monde, intercédant pour que le fléau soit écarté, portant dans leur prière les malades et les soignants, priant pour les gouvernants, se sanctifiant eux-mêmes dans le jeûne et le repentir, a fait que notre monde a été préservé du pire.
 
L’utilité des saints
A nous maintenant d’en tirer la leçon. La présence des saints, des hommes et des femmes de sérénité, de bienveillance et de discernement protégera ce monde de la folie de ceux qui le gouvernent, ou qui voudraient en être les maîtres. La sainteté est ce qu’il y a de plus utile à la société. Elle est la puissance compatissante que le Seigneur exerce à travers ses membres, de façon organique. 
Tous les saints, et ils sont si nombreux, ne savent pas qu’ils en sont. La plupart se considère comme pécheresse. Les saints sont des canaux souvent inconscients de la bienveillance divine parmi les hommes. Nos paroisses, nos familles, nos monastères, nos synodes épiscopaux sont remplis de saintes personnes, de justes et de sages selon Dieu par lesquels triomphe le plan du Seigneur qui est toujours de faire miséricorde. 
Aujourd’hui, comme au temps de Noé ou d’Abraham, par exemple, le Seigneur a voulu, par considération pour les justes et les innocents, retenir le désastre où s’engageait l’humanité, en dépit des sceptiques, des cyniques, et des conspirationnistes. La sainteté est, non pas une catégorie morale ou juridique, mais une réalité charismatique.
 
Le Christ présent dans son monde
Elle est, venant avec puissance, la présence de Dieu en son monde. Le Seigneur, non seulement est présent parmi les saints, mais Il est présent par eux au milieu de ceux qui ne le sont pas encore, agneaux au milieu des loups, lumières allumées dans les ténèbres, « sel de la terre », chastes et vierges au milieu des débauchés. 
Prendre sa croix et suivre le Christ ne consiste pas à lutter pour le triomphe d’une idéologie ou d’un ordre moral. Cela consiste à être, invisiblement souvent, « dignes du Christ », levain dans la pâte, ferment d’humanité véritable, semence évangélique de vie et de joie. 
Qui se sanctifie, sanctifie et sauve le monde de l’intérieur par sa propre personne et allège les tourments de ceux qui souffrent. Le vrai combat est celui qui se mène pour la manifestation de l’amour de Dieu en ce monde et dans celui qui vient.
 
(Radio Notre-Dame, « Lumière de la Orthodoxie », dimanche 14 juin 2020)

De Pâques à la Pentecôte

 
Ανάστασις ουν Χριστού η ημετέρα υπάρχει ανάστασις»
1. La période Pentecostale (*)

Le mot "Pentecôte" signifie "cinquantième," et il est utilisé pour désigner le grand événement de la Descente du Saint Esprit (Epiphoitesis) sur les Apôtres et l'Église le 50ème jour après la Résurrection du Christ, et 10ème jour après Son Ascension au Ciel.

Avant Sa Passion, le Seigneur avait parlé à Ses disciples du don du Saint Esprit, qu'ils devaient recevoir après l'Ascension. Les détails sont rapportés dans l'Évangile de saint Jean : "Je demanderai au Père de vous envoyer le Saint Esprit, Qui vous défendra et sera toujours avec vous" (Jn 14,16). Il dit aussi "Le Saint Esprit ne saurait venir avant que Je ne sois parti. Mais après Mon départ, Je vous enverrai l'Esprit" (Jn 16,7). Après Sa Résurrection, le Seigneur apparut aux disciples et leur dit : "Recevez l'Esprit Saint" (Jn 20,22). C'était un avant-goût de la Descente (Epiphoitesis) survenue le Dimanche de Pentecôte.

Vers la fin de l'Évangile de saint Luc, le Christ dit à Ses disciples : "Je vais envoyer sur vous ce que Mon Père a promis. Vous autres, restez en ville jusqu'à ce que vous soyez revêtus d'une force d'en-haut" (Lc 24,49). C'est cependant dans les Actes d'Apôtres que saint Luc parle de l'accomplissement de cette promesse. "Le jour de la Pentecôte étant arrivé, ils se trouvaient tous réunis. Soudain retentit du ciel un fracas semblable à celui d'une bourrasque de vent et ce bruit remplit toute la maison où ils étaient assis. Alors ils virent paraître comme des langues de feu qui, se partageant, vinrent se poser sur chacun d'eux. Ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et se mirent à parler des langues étrangères selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer" (Actes 2,1-4).
Depuis les temps anciens, la période de 50 jours allant de Pâques à la Pentecôte a été appelée Pentecôte, du fait de ce qui commença avec le Seigneur soufflant le Saint Esprit sur Ses disciples, et qui se consomma avec la pleine descente de l'Esprit sur les disciples et l'Église toute entière. Alors, l'Église était pleinement née et commença à croître.

 
Pendant cette période, tout jeûne et agenouillement est interdit, comme confession tangible de la Résurrection du Christ. Ce n'est en fait que le jour même de la Pentecôte que l'agenouillement est repris, et il est lié à un Office spécial d'agenouillement (akolouthia gonyklesias), qui consiste en prières pour le don du Saint Esprit, d'où le nom de "Jour de l'Agenouillement" donné à la Pentecôte (tes gonatistes).

Par la suite, une autre semaine fut ajoutée à ces 50 jours, afin de célébrer l'après-fête (methorta) de la Fête de la Pentecôte. Ainsi, de nos jours, la période de Fêtes mobiles après Pâques s'étend sur 8 semaines, pour comprendre le Dimanche de la Toussaint (Agion Panton), et est divisée en 3 parties:

a. Les 40 jours de l'après-Fête de Pâques
b. La Fête de l'Ascension, en plus de sa période de post-Fête
c. La Fête de la Pentecôte, avec sa propre période d'après-Fête.

Les hymnes de cette période sont reprises dans un livre spécial, appelé le Pentecostaire ou Pentekostarion.

2. Dimanche des Femmes Myrophores  


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Nous avons déjà parlé de la Semaine Radieuse (Diakainesimos) et du Dimanche de saint Thomas (1er dimanche après Pâques). Le second dimanche après Pâques est appelé Dimanche des Myrophores (Kyriake ton Myroforon). Il est dédié aux femmes qui apportèrent la myrrhe au Tombeau du Christ. Il est aussi dédié aux disciples secrets du Seigneur, Joseph d'Arimathie et Nicodème, qui organisèrent et assistèrent aux funérailles du Seigneur. Ceci est clairement commémoré dans la lecture de l'Évangile du jour (Mc 15,43-16,8).
Les Myrophores, nous les identifions d'après les saints Évangiles comme étant Marie-Madeleine, Marie mère de Jacques et Josué (aussi appelée Marie de Clopas), Jeanne épouse de Chouza, garde d'Hérode Antipas, Salomé, mère des fils de Zébédée, et Suzanne.


Joseph d'Arimathie, une ville de Judée, était riche et noble, et membre du Sanhédrin, le conseil municipal à Jérusalem. Il était un de ceux qui n'avaient pas acquiescé à la décision du conseil contre le Christ. Il fut aussi celui qui osa courageusement demander le Corps du Christ à Ponce Pilate (Mt 27,57-60; Mc 15,42-47; Lc 23,50-56, Jn 19,38-42).

Nicodème était un dirigeant Juif, un Pharisien, qui était fort versé dans les Écritures et avait rendu une visite nocturne au Christ (Jn 3,1-21; Jn 19,39-42).
Toutes ces saintes personnes nous démontrent clairement que des gens de tous les états de vie peuvent être disciples du Seigneur, jusqu'à jouir du privilège de prendre soin de Son Corps et devenir les premiers témoins de la puissante Résurrection du Seigneur.

3. Dimanches du Paralytique, de la Samaritaine, et de l'Aveugle-né,

tels sont les noms des 3 dimanches qui suivent. Ils sont ainsi appelés du fait des péricopes évangéliques et hymnes qui leurs sont attribués. Les événements commémorés en toutes ces fêtes démontrent tous la divine autorité, identité et puissance du Christ, qui seront ensuite pleinement révélées par Sa Résurrection.
La guérison du paralytique à la piscine de Bethesda ou Bethsaida (Jn 5,1-18) montre l'autorité du Christ sur le Sabbat, car ce fut un jour de Sabbat qu'Il guérit le paralytique.

La conversation du Seigneur avec la Samaritaine au Puits de Jacob près de Sichar (Jn 4,3-42) atteint son sommet lorsque le Seigneur dévoile Son identité : "(Le Christ,) Je le Suis, Moi Qui te parle" (Jn 4,26). A la fin du récit, les Samaritains déclarent ouvertement "Nous en sommes certains, Il est le Sauveur du monde" (Jn 4,42). 


 
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Et pour finir, la guérison de l'aveugle de naissance (Jn 9,1-41) démontre la puissance divine du Christ et le fait qu'Il vint de Dieu : "C'est la première fois dans l'histoire que quelqu'un a pu donner la vue à un aveugle de naissance. Jésus n'aurait pu faire cela, à moins qu'Il ne vienne de Dieu" (Jn 9,32).
 

4. Mi-Pentecôte

Le mercredi après le Dimanche du Paralytique tombe exactement au milieu des 50 jours de la période de Pentecôte, et par conséquent, est appelé Mi-Pentecôte (Mesopentekoste). C'est un jour de Fête, et selon une ancienne coutume, il tient sa signification de l'Évangile qui lui est prescrit (Jn 7,14-30). Cette péricope évangélique rapporte le discours que le Seigneur adressa dans le Temple, au milieu de la fête des Tabernacles (Skenopegias), qui expliquait Son autorité sur le Sabbat en des termes d'origine divine, tant de Son enseignement que de Son existence. Au centre de ceci, on trouve les paroles du Seigneur adressées au peuple de Jérusalem : "Je ne viens pas de Moi-même. Celui Qui M'a envoyé est véridique, et vous ne Le connaissez pas. Mais Je connais Celui Qui M'a envoyé, parce que Je viens de Lui" (Jn 7,28). Aussi cruciales sont les paroles exclamées par le Seigneur au dernier jour de la Fête, anticipant la Descente de l'Esprit à la Pentecôte : "Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à Moi, et qu'il boive celui qui croit en Moi; l'Écriture le dit: 'De son sein jailliront des fleuves d'eau vive" (Jn 7,37). Les hymnes de cette Fête rappellent les miracles du Seigneur, qui démontrent Sa divinité, et exhortent les Chrétiens à "garder fermement les Commandements du Seigneur, afin de devenir dignes de célébrer Son Ascension et de participer au don du Saint Esprit" (Doxastikon ton Ainon). 


5. Le Retour de Pâques
 

Le mercredi après le Dimanche de l'Aveugle-Né (6ème dimanche après Pâques), nous célébrons le Retour (apodosis) ou achèvement de la période de post-fête de Pâques. Les Offices du jour, qui comportent une Liturgie pascale, sont chantés de manière identique à ceux de la Semaine Radieuse. C'est le 39ème jour après Pâques, la veille de l'Ascension, quand nous chantons à nouveau l'Hymne de la Résurrection, Christos Anesti, et échangeons les salutations de la Résurrection pour la dernière fois de l'année.

6. L'Ascension 


 
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Le lendemain, qui est le 40ème jour après Pâques, nous commémorons l'Ascension du Seigneur au Ciel. La fête de l'Ascension (Analipseos- est explicitement mentionnée au 4ème siècle, mais ses origines remontent plus que probablement aux siècles précédents. Un ancien manuel d'église, les Constitutions Apostoliques, en donnent le commentaire suivant : "Comptant à nouveau 40 jours après le premier Dimanche, vous devez célébrer depuis le Dimanche jusqu'au Mardi la Fête de l'Ascension du Seigneur, quand Il y accomplit toute l'économie et le projet de notre Salut, montant auprès de Dieu le Père, Qui L'avait envoyé, et S'assis à la droite de la Puissance pour attendre que Ses ennemis soient placés sous Ses pieds" (Livre 5, ch. 20).

La Fête de l'Ascension, alors, marque l'achèvement et le scellement de l'oeuvre du Seigneur sur terre, de même que l'ascension de la nature humaine au Ciel, et par conséquent, cela annonce la venue du Don du Saint Esprit à la Pentecôte. Elle est célébrée jusqu'au vendredi de la semaine qui s'ouvre, quand elle est clôturée.

La signification de l'Ascension du Seigneur est aussi liée à Son éternelle prêtrise. L'épître aux Hébreux résume cela comme suit : "Nous avons un Pontife Suprême, Qui est monté au Ciel, Jésus, le Fils de Dieu" (Heb. 4,14)... "Jésus est entré pour nous comme un avant-coureur, pontife pour l'éternité selon l'ordre de Melchisédech" (Heb. 6,20) "Tandis que Celui-ci, vivant éternellement, possède un sacerdoce perpétuel. C'est pourquoi il Lui est possible de parachever le Salut de ceux qui vont à Dieu par Lui, car Il est toujours vivant pour intercéder en leur faveur" (Heb. 7,24-26). "Il est éternellement le suprême Pontife parfait" (Heb. 7,28)... "qui siège à la droite sur le grand Trône de Dieu au Ciel" (8,1).


7. Dimanche des Saints Pères 




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Ce dimanche, qui se trouve au milieu de la période festive de l'Ascension (7ème dimanche après Pâques) est dédié aux 318 saints pères du Premier Concile Oecuménique, qui a eu lieu à Nicée en 325. Il est par conséquent appelé Dimanche des Saints Pères (Ton Pateron).

L'Évangile du jour reprend la Prière Sacerdotale du Seigneur pour l'unité des Chrétiens, telle qu'on la trouve en Jean 17,1-13. L'Église a décidé la commémoration des Pères en ce dimanche précis parce que les Synodes des éparchies, qui étaient convoqués pour s'occuper de diverses affaires locales, se réunissaient habituellement pendant la période pentecostale.

Successeurs des Apôtres, les Pères ont gardé la Foi apostolique par leurs enseignements. Le kondakion de la Fête l'exprime très clairement et avec éloquence : "Le message des Apôtres et l'enseignement des Pères saints, pour l'Église affermissent l'unité de la Foi; portant la tunique de vérité tissée par la céleste révélation, elle dispense fidèlement et fortifie le grand mystère de la Foi."

Le samedi veille de la Pentecôte est un "samedi des âmes" (Psychosabbaton), et des prières sont offertes pour ceux qui se sont endormis éternellement, afin qu'ils puissent eux aussi être dignes par nos prières de recevoir le don de la Pentecôte, qui est commémoré le lendemain.

8. Dimanche de la Pentecôte 

 

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La Fête Chrétienne de la Pentecôte correspond à la fête juive qui porte le même nom, et au cours de laquelle ils offraient les premiers fruits des nouvelles récoltes d'Israël à Dieu (Protogennemata).

La Fête Chrétienne commémore les premiers fruits de la prédication des Apôtres, qui suivirent la Descente du Saint Esprit sur eux au jour de la Pentecôte, Descente suite à laquelle naquit la première Église Chrétienne, commençant avec 3.000 âmes. Depuis cette Pentecôte, l'Esprit demeure dans l'Église et règle la vie et la croissance de l'Église. L'Esprit fait de la totalité de l'Église le Corps uni du Christ. En Consolateur (Paracletos), Il est le gage du retour du Christ, et de la victoire finale avec tout le Corps du Christ.

La célébration de cette fête remonte aux temps apostoliques. Selon l'ancienne coutume, les catéchumènes étaient baptisés en cette occasion, et dès lors, et même de nos jours, on ne chante pas le Trisagion pendant la Liturgie. En lieu et place, on chante le verset paulinien "Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu le Christ." Les Vêpres de ce jour, suivant immédiatement après la Divine Liturgie, sont à noter particulièrement du fait de la longue supplique à genoux, qui est dite au début. Cette supplique est la première d'une série qui suivront après la Fête, ayant été suspendues auparavant pendant la période pentecostale.

La Pentecôte est célébrée tout au long de la semaine et se clôture le dimanche suivant. Le lundi de la période d'après-fête se distingue des autres jours de d'après-fête parce qu'il est dédié au Saint Esprit (Deftera tou Agiou Pneumatos). Les Offices du jour suivent le schéma du Dimanche de Pentecôte célébré la veille. On ne jeûne pas pendant la semaine qui suit la Pentecôte.

L'hymne doxastikon du jour est une prière bien connue, par laquelle la plupart des Offices de l'Église commencent, et qui est utilisée par nombre de Chrétiens Orthodoxes comme première prière pour chaque jour : "Roi Céleste, Consolateur, Esprit de Vérité, Toi Qui es partout présent et Qui remplis tout, Trésor de biens et Donateur de Vie, viens et demeures en nous, purifie-nous de toute souillure et sauve nos âmes, Toi Qui es Bonté." 


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9. Dimanche de la Toussaint (ou de Tous les saints)

Le dimanche après la Pentecôte est appelé Dimanche de la Toussaint. C'est une très ancienne fête, mentionnée fin du 4ème siècle, et elle semble avoir été à l'origine instituée comme fête en l'honneur de tous les martyrs.

L'Église a toujours honoré les martyrs. Cependant, puisque l'honneur rendu aux martyrs était à l'origine une question locale, nombre des martyrs nous sont inconnus, et c'est probablement la raison pour laquelle une telle fête fut instituée, en l'honneur de tous les martyrs, connus et inconnus. Cette fête fut placée de manière tout à fait appropriée après la Pentecôte, parce que l'Église est abreuvée et croît à travers le témoignage et le sang des martyrs. Par la suite, lorsque l'Église honora d'autres défunts comme saints, à côté des martyrs, la fête mobile après Pâques acquis un caractère plus général, et se transforma en fête en l'honneur de tous les saints.

10. Fête des saints Apôtres

Le lundi après le dimanche de la Toussaint, on jeûne pour la fête des saints Apôtres. A l'origine, c'était une semaine de jeûne, comme explicitement mentionné dans les Constitutions Apostoliques (livre 5, ch. 20). Par la suite, elle fut reliée à la fête des saints Apôtres (29-30 juin), et fut étendue à toute la période qui va du lundi après le dimanche de la Toussaint jusqu'au 28 juin.


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(*) Notes: Toutes les fêtes mentionnées ci-dessus ont déjà fait l'objet d'un article circonstancié, d'homélies, etc, sur le blog Saint-Materne. Vous les retrouverez dans le menu en marge de gauche, via le menu semestriel.

Τρίτη 23 Ιουλίου 2019

Les icônes dans la tradition orthodoxe


www.icones-grecques.com

La vénération des icônes est dans l'Eglise orthodoxe un aspect essentiel de l'expérience liturgique, c'est à dire de la contemplation du Royaume. La liturgie en effet  en sanctifiant  toutes les facultés de l'homme, amorce la transfiguration de ses sens, les rend capables d'entrevoir l'invisible à travers le visible, le Royaume à travers le Mystère.
L'icône, souligne Ouspensky, sanctifie la vue, et ainsi elle transforme la vue en vision: car Dieu ne s'est pas seulement fait entendre, il s'est fait voir, la gloire de la Trinité s'est révélée à travers la chair du Fils de l'Homme. 

 
L'Orthodoxie affirme donc le caractère christologique de l'image. Elle montre d'abord que l'image par excellence est le Christ lui-même. La Parole irreprésentable de l'Ancien Testament s'est fait chair représentable: "lorsque l'Invisible, écrit Saint Jean Damascène, s'étant revêtu de la chair, apparut visible". Le Christ n'est pas seulement le Verbe de Dieu mais son image. L'incarnation fonde l'icône et l'icône prouve l'incarnation.
Pour l'Eglise orthodoxe, la première et fondamentale icône est donc le visage du Christ. Si l'interdiction de l'Ancien Testament a été levée par et pour le Christ, elle l'a été aussi pour sa Mère et pour ses amis, pour les membres de son Corps, pour tous ceux qui dans le Saint-Esprit, participent à sa chair déifiée.
Depuis les origines, la représentation de la Mère de Dieu a eu une place privilégiée dans l'art chrétien. On peut même dire qu'aucun sujet n'a été plus souvent interprété que Marie et son Enfant. Aussi les chefs-d'oeuvre développant ce thème sont-ils innombrables tant en Orient qu'en Occident. L'iconographie des fêtes de la Mère de Dieu s'appuie  sur nombre de   textes de la liturgie byzantine, eux-même découlant non seulement des Ecritures mais aussi des Apocryphes.


l'Annonciation de Notre Très Sainte Souveraine et toujours Vierge Marie

Après notre chute, Dieu, prenant patience dans Sa miséricorde infinie, avait peu à peu préparé l'humanité, de génération en génération, par des événements heureux et malheureux, à la réalisation du Grand Mystère qu'Il tenait caché avant tous les siècles dans son Conseil trinitaire : l'Incarnation du Verbe. Alors qu'Il savait, bien à l'avance, qu'elle allait être la faute de l'homme et ses tragiques conséquences, c'est en ayant en vue le terme de ce mystère qu'Il avait pourtant créé la nature humaine, afin de s'y préparer une Mère qui, par la beauté de son âme immaculée, relevée de l'ornement de toutes les vertus, attira sur elle les regards du Tout-Puissant et devint la chambre nuptiale du Verbe, le réceptacle de Celui qui contient tout, le Palais du Roi du Ciel et le terme du dessein divin.
Six mois après la conception miraculeuse de celui qui devait être en toutes choses le Précurseur du Sauveur (Luc 1:17), Gabriel, l'Ange de la miséricorde (cf. 8 novembre), fut envoyé par le Seigneur à Nazareth en Galilée, auprès de la Vierge Marie qui, au sortir du Temple, avait été fiancée au juste et chaste Joseph, pour qu'il soit le gardien de sa virginité. Surgissant soudain dans la maison sous une apparence humaine, un bâton à la main, l'Ange salua celle qui devait devenir la consolation des larmes d'Eve en disant : « Réjouis-Toi, pleine de grâce, le Seigneur est avec Toi! » (Luc 1:8). Devant cette étrange apparition la Vierge laissa tomber son fuseau et, toute troublée par ces paroles de l'incorporel, elle se demandait si cette annonce de joie n'était pas, comme pour Eve, une nouvelle tromperie de celui qui sait se transformer en ange de lumière (cf. II Cor. 11, 14). Mais l'Ange La rassura et Lui dit :
« Sois sans crainte, Marie, car Tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Ne T'étonne pas de mon étrange aspect et de ces paroles de joie, alors que, trompée jadis par le serpent, ta nature a été condamnée à la douleur et aux gémissements, car moi, c'est la vraie joie que je suis venu T'annoncer et la délivrance de la malédiction de la première mère (cf. Genèse 3:16). Voici que Tu concevras et enfanteras un fils, en accomplissement de la prédiction du Prophète Isaïe qui disait : "Voici que la vierge concevra et enfantera un fils!" Et Tu l'appelleras du nom de Jésus, ce qui signifie Sauveur. Il sera grand, et sera appelé Fils du Très-Haut. »


A ces paroles inouïes, la Vierge s'exclama : « Comment cela serait-il possible, puisque je ne connais point d'homme? » Elle ne mettait pas en doute la parole divine par manque de foi, comme Zacharie qui avait été pour cela puni de mutisme (Luc 1:20), mais elle se demandait comment ce mystère pourrait bien se réaliser en elle, sans l'union nuptiale, devenue la loi de la reproduction du genre humain soumis à la corruption. Comprenant ses doutes, l'Ange ne la blâma pas, mais il lui expliqua le mode nouveau de cette naissance : « L'Esprit Saint viendra sur Toi, qui a été comblée de grâce en préparation de Sa venue, et la puissance du Très-Haut Te couvrira de Son ombre. » Puis, rappelant qu'Elisabeth, celle qu'on appelait "la stérile", venait de concevoir un fils dans sa vieillesse, il lui montra ainsi que là où Dieu le veut l'ordre de la nature est vaincu, et il lui confirma que par Sa venue en elle le Saint-Esprit allait accomplir un miracle plus grand encore que la création du monde et, qu'abaissant les cieux, le Roi de l'univers, Celui qui contient tout, allait s'anéantir lui-même (Philippiens 2:7) par une ineffable condescendance, afin de demeurer en son sein, de s'y mêler en une union sans confusion à la nature humaine, et de se revêtir de sa chair, teinte en son sang virginal, comme une pourpre royale.
Inclinant alors humblement son regard à terre et adhérant de toute sa volonté au dessein divin, la Vierge répondit : « Je suis la servante du Seigneur, qu'il m'advienne selon Ta parole! »
Par ces paroles elle acceptait, et avec elle la nature humaine tout entière, la venue en elle de la puissance divine transmise par les paroles de l'Ange. Et c'est à cet instant même que s'accomplit la conception du Sauveur. Le Fils de Dieu devient Fils de ]'Homme, une seule Personne en deux natures. Dieu se revêt de l'humanité et la Vierge devient en toute vérité Mère de Dieu (Théotokos), afin que, par cet échange des propriétés naturelles, les hommes, délivrés de l'enfer, puissent devenir fils de Dieu par la Grâce.
L'accomplissement de ce Mystère de l'Incarnation, caché même à la connaissance des Anges, ne fut donc pas seulement l'oeuvre du Père, dans Sa complaisance, du Fils qui descendit des cieux, et de l'Esprit qui recouvrit la Vierge de Son ombre, mais le Seigneur attendait que celle qu'il avait choisie entre toutes les femmes y prenne aussi une part active par son acquiescement libre et volontaire, de sorte que la Rédemption du genre humain fût l'oeuvre commune de la volonté de Dieu et de la foi de l'homme. Ce fut donc par une libre coopération (synergie) de l'humanité au dessein divin que s'est accompli ce Grand Mystère préparé depuis l'origine du monde, que Dieu devient homme pour que l'homme devienne dieu , et que la Vierge, Epouse inépousée, est devenue pour notre nature renouvelée la source et la cause de tous les biens.

La Pentecôte

Voici, l’icône de la Pentecôte du monastère de Stavronikita, au Mont Athos, en Grèce. Cette icône, qui date du XVIIe s., nous concerne particulièrement aujourd’hui, et peut être lue avec la même actualité qu’à l’époque où elle a été peinte:

 
Nous voyons une assemblée d’hommes, assis en demi-cercle sur un banc à haut dossier. C’est une scène d’intérieur comme le signifient les maisons en arrière plan et le rideau rouge.
Les protagonistes de cette scène sont au nombre de douze, ils tiennent à la main, qui un rouleau de parchemin, qui un livre. Leur attitude est calme, leur posture hiératique, l’atmosphère semble cordiale.
On remarque aussi un espace laissé entre deux personnages attirant le regard sur la place centrale laissée vide.
Au-dessus de la maison, le ciel, d’où sortent des rayons qui se terminent par des flammes - des « langues » de feu - qui descendent et se posent sur chaque personnage.
Au bas de l’image, une cavité sombre, d’où se détache un personnage couronné, à barbe blanche, il porte à bout de bras un linge où sont déposés douze rouleaux.
La composition est symétrique, 6 hommes, 6 langues de feu de chaque côté.
La scène est lumineuse : le ciel est représenté par un fond d’or, il y a le soleil, des rais de lumière sur les bancs, des rehauts de lumière sur les vêtements.
Les douze personnages, vous l’avez compris, sont les Apôtres, du grec apostoloi, ceux qui sont envoyés en mission.
En haut Pierre et Paul, puis les quatre évangélistes tenant le Livre Saint , Matthieu et Luc (à gauche de l’image), Jean et Marc (à droite), puis Simon, Barthélémy et Philippe (ou Jude) (à gauche), André, Jacques et Thomas (à droite)
Pourquoi Saint Paul est-il représenté sur cette icône, alors qu’il n’était pas présent historiquement ce jour-là, et qu’il n’était même pas encore converti ?
C’est que l’icône ne représente pas seulement les événements décrits par les textes, elle dévoile aussi leur signification. Le sens de cette présence paraît clair : pourrait-on imaginer l'Église sans Saint Paul, un de ses colonnes ?

Une scène d'enseignement

 

Pourquoi cette place vide au milieu des apôtres ?
Cette place est celle du Christ. La place laissée vide au centre, signifie que le Christ est présent, même s’il n’est pas visible.
La place du Christ est au centre, il est le chef de lAssemblée, il est la tête de l’Eglise et c’est son Enseignement qu’avec le don de l’Esprit, l’Eglise a mission de répandre.
L’Esprit Saint leur enseignera même ce qu’ils ne pouvaient porter lorsque le Christ était là :
« Le Paraclet, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses et vous fera ressouvenir de tout ce que je vous ai dit. » (Jean 14, 26)
Le Christ dit encore : « J’ai encore bien des choses à vous dire, mais vous ne pouvez les porter maintenant ; lorsque viendra l’Esprit de vérité, il vous fera accéder à la vérité tout entière .» (Jean 16, 12-13)
L’Esprit Saint qui est donné, pour toujours, va permettre aux apôtres d’accomplir la mission qui leur a été confiée, confiée à eux qui n’étaient ni érudits ni philosophes, mais des hommes simples, des pécheurs. 

 L'icône de la Nativité (Noël) avec une icône de la Nativité de Patmos, en grand format
L'icône de la Nativité s'inspire, pour sa typologie, du récit de Saint Luc et du Kontakion de la Nativité, de Saint Romain le Mélode (VI s.). Voici ce que nous dit l'Evangéliste:
« Pendant qu’ils étaient à Bethléem, le jour de la naissance arriva. Elle mit au monde un fils, son premier-né. Elle l’enveloppa de langes et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’abri destiné aux voyageurs. » (Luc, 2, 6-7)
Au centre de l’icône, nous trouvons la représentation de la crèche, dans la grotte, et de la Mère de Dieu: « en ce jour la Vierge met au monde le Suressentiel et la terre abrite en une grotte l’Inaccessible » (in Kontakion de la Nativité).
L’âne et le boeuf ne sont pas décrits dans les Évangiles, c’est dans l’Ancien Testament, dans les prophéties d’Habacuc (Hab, III, 2) et d’Isaïe (Is, I, 3), qu’ils apparaissent (Hab, III, 2) et (Is, I, 3)
Autour de cette scène principale s’organisent d’autres scènes, que l’on lira de gauche à droite, dans un mouvement circulaire qui se déroule autour de la scène centrale.
En haut à gauche, nous voyons les rois mages, habillés comme des Persans, c’est à dire comme ceux qui vénèrent les astres. Les rois mages sont en chemin, guidés par l’Étoile, et viennent vénérer le roi de l’Univers : « et les mages avec l’Étoile cheminent » (in Kontakion).
A droite, nous trouvons les bergers: « Dans cette même région, il y avait des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leur troupeau. Un ange du Seigneur leur apparut et la gloire du Seigneur les entoura de lumière. Ils eurent alors très peur. Mais l’ange leur dit: N’ayez pas peur, car je vous apporte une bonne nouvelle qui réjouira beaucoup tout le peuple: cette nuit dans la ville de David, est né, pour vous, un Sauveur; c’est le Christ, le Seigneur.
Et voici le signe qui vous le fera reconnaître: vous trouverez un petit enfant enveloppé de langes et couché dans une crèche. » (in Luc, 2, 8-11)
La scène du bain, en bas à droite n’a pas d’origine littéraire. Le bain montre la nature humaine du Christ.
Un vieil homme se trouve en bas à gauche. On interprète cette scène comme étant le doute de Joseph, mais à l’origine, ce personnage était un des bergers, il écoutait la bonne nouvelle apportée par les anges. Peu à peu ce personnage s’est déplacé pour occuper la place qu’on lui connaît, car l’icône ne s’est pas faite en un jour, les premières représentations de la Nativité remontent au début du IVs.
L’icône de la Nativité se compose donc de cinq scènes juxtaposées: les rois mages, les anges et les bergers, le lavement, Joseph, la Mère de Dieu et l’enfant. 

Δευτέρα 22 Οκτωβρίου 2018

Théosis (déification)


Icône de tous les saints (à partir d'ici)

fr.orthodoxwiki.org




















Theosis ("divinisation", "déification") est le processus consistant à devenir un fidèle libre d'hamártía ("manquer la marque"), s'unissant à Dieu, dès cette vie et en plénitude lors de la résurrection des morts. Pour les chrétiens orthodoxes, la Théōsis (voir 2 Pierre 1:4) est le salut. La Théōsis suppose que les êtres humains sont destinés dès le commencement à partager la vie ou la nature de la Toute Sainte Trinité. Par conséquent, un fidèle, enfant ou adulte, est sauvé, délivré de l'état de non-sainteté (hamartía - qui ne doit pas être confondue avec hamártēma "péché") pour la participation dans la Vie (zōé, et non pas simplement bíos) de la Trinité - qui est éternelle. Ceci n'est pas à confondre avec l'(apothéōsis) hérétique - la "déification dans l'Essence de Dieu", laquelle est imparticipable. 
 
La théologie orthodoxe
 
La déclaration de Saint Athanase d'Alexandrie : "Le Fils de Dieu s'est fait homme, pour que nous devenions Dieu", résume parfaitement la notion de Théosis. La seconde épître de Pierre (II Pierre 1:4) affirme que que nous sommes devenus "...participants de la nature divine". Athanase amplifie le sens de ce verset quand il dit que la théosis, c'est "devenir par la grâce ce que Dieu est par nature" (De Incarnatione, I). Ce qui, autrement, semblerait absurde, que tombé, l'homme pécheur puisse devenir saint comme Dieu est saint, a été rendue possible grâce à Jésus-Christ, qui est Dieu incarné. Naturellement, l'affirmation chrétienne essentielle, que Dieu est Un, fixe une limite absolue sur le sens de theosis - il n'est pas possible pour tout être créé à devenir, ontologiquement, Dieu ou même un autre dieu.

Voir aussi

Sotériologie
 
Le salut est le but du christianisme, et la tâche de l'Église. La "théologie du salut" est appelée Sotériologie.
Le christianisme orthodoxe croit fortement que Dieu s'est fait homme, afin que l'homme devienne semblable à Dieu (St. Athanase le Grand). Cette affirmation est le résumé du concept de theosis, essentiel à la théologie et à la spiritualité orthodoxes. De cette perspective, le salut n'est pas un acquis individuel - on ne l’obtient ni de ses propres forces et moyens, ni par l'accomplissement d'une loi quelconque -, mais un processus continuel de guérison de la nature humaine déchue, en collaboration avec la grâce de Dieu. Le christianisme considère le salut comme une délivrance de notre état de pécheurs ou de notre relation au péché. Le péché n'est pas la transgression d'une loi figée (d'où découlerait la culpabilité), mais une échec existentiel, un échec de la relation avec Dieu, avec son prochain, avec la création de Dieu, avec soi-même. Le penchant vers le péché est le signe (ou le symptôme) de la maladie de la nature humaine déchue, qui a besoin de traitement. La chute, le péché, le message évangélique, le salut sont considérés dans l'Orthodoxie à travers une relation d'amour. La participation au mystère du salut devient la participation à la relation d'amour avec le Dieu trinitaire. 

L'histoire du salut
 
Dieu a créé l'homme à son image et ressemblance 

Selon les Écritures, l’homme a été crée à l’"image" et selon la "ressemblance" de Dieu (Genèse 1, 26-27).
Être semblable à Dieu, par la grâce de Dieu est l’essentiel de la vie humaine. Les Écritures relatent que Dieu a «insuflé dans ses narines l’haleine [ou l’esprit] de vie » (Genèse 2, 7). Pour l’Église Orthodoxe, cet enseignement signifie que l’homme ne saurait être tout à fait humain, tout à fait lui-même, sans l’Esprit de Dieu.
L’image de Dieu signifie que l’homme a le libre arbitre, il a la raison, le sens de la responsabilité morale, tout ce qui sépare l’homme de l’animal et qui en fait une personne. Mais l’image signifie encore plus. Elle signifie le fait que nous sommes des « descendants » (Actes 27,28) de Dieu, nous sommes apparentés à Lui. Entre nous et Lui, il y a un point de contact, une similarité essentielle. L’abîme entre la créature et le Créateur n’est point indépassable, car nous avons été faits à l’image de Dieu et, pour cela, nous pouvons connaître Dieu et être en communion avec Lui.
La chute de l'homme

L’histoire de la Création et surtout celle d’Adam et Éve nous parle de la bonté fondamentale de tout ce qui existe et de la supériorité de l’homme par rapport aux autres créatures. Elle nous montre que l’origine du mal ne réside pas en Dieu, mais dans la plus parfaite de ses créatures, dont le choix libre du péché a porté dans le monde le mal et la mort, elle nous raconte comment l’homme a perdu la "ressemblance" à Dieu, la réponse à l’amour de Dieu.
L’Église nous enseigne que, lorsque nous ne répondons pas à l’amour de Dieu, notre humanité s’en retrouve diminuée. L’acte de foi qu’il demande de notre part n’est pas très différent de la foi et de la confiance que nous accordons aux gens autour de nous. Lorsque nous ne répondons pas à l’amour qui nous est donne par les gens qui nous aiment, nous devenons des individus superficiels et endurcis. 

Les prophètes

Depuis que l’homme était encore à l’image de Dieu, la quête de sens a été pour lui tout aussi importante que l’air et l’eau. La Création-même, oeuvre de Dieu, nous Le montrait. Mais, avant la venue du Christ, la signification du monde et de notre place à son intérieur était encore difficile à comprendre. Les gens ont créé des histoires pour les aider à expliquer le grand mystère de leur propre existence, du monde et de Celui qui était responsable de leur existence. Mais la connaissance du vrai Dieu leur échappait. Les Saintes Écritures parlent de cette absence de la connaissance comme obscurité. Dieu a envoyé alors des messagers pour leur parler, des saints hommes et femmes à travers lesquels il a fait des miracles, des prophètes qui annoncent le salut prochain. Finalement, Dieu a envoyé son propre Fils, Jésus Christ. Lorsqu’Il est venu, Celui qui a créé le monde a été enfin révélé au monde, en apportant de la lumière à ceux qui gisaient dans l’obscurité.
 
L'Incarnation

Mais, puisque l’homme est tombé, l’Incarnation n’est pas seulement un acte d’amour, mais aussi un acte de salut. Jésus Christ, en réunissant Dieu et l’homme dans sa personne, a rouvert à l’homme la voie de l’union avec Dieu. Dans sa propre personne, le Christ nous a montré ce qu’est la véritable « ressemblance à Dieu », et par son glorieux sacrifice rédempteur, il a replacé cette ressemblance à la portée de l’homme. Le Christ, le Second Adam est venu sur terre et il a renversé les effets de la désobéissance du premier Adam.
 
L’Église

La rédemption signifie que le monde n’est pas un but en soi, mais une réalité qui nous indique une autre, plus vaste, celle de l’amour de Dieu pour nous et pour tout ce qui est autour de nous. Le monde, le temps, l’histoire, nos vies elles-mêmes sont "une épiphanie de Dieu, un instrument de sa révelation, de sa présence et de son pouvoir".
Dieu n’a pas abandonne son peuple après l’Ascension du Christ aux ciel. Depuis la Pentecôte, Son Église est toujours présente. 

Le jugement dernier

Le Christ va juger tous les peuples seulement en considérant comment ils l’ont servi en travaillant l’un pour l’autre, le dernier de ses frères. Ceci va montrer comment chaque personne a aimé Dieu et son prochain, l’amour de Dieu et l’amour du prochain étant devenu un, un amour dans le Christ et qui est le Christ. Aimer de cet amour est aimer avec l’amour du Christ est d’accomplir son "nouveau commandment" : "comme Je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres" (Jean 13,34-35; 15,12).Ceci comprend toute la vie de l’esprit. C’est par cela – et uniquement par cela – que l’homme sera jugé. Ceci est le couronnement de toute vertu et de toute prière, le plus grand et le plus parfait des fruits de l’Esprit de Dieu dans l’homme. La venue finale du Christ sera le jugement de tous les hommes. Sa présence-même se sera le jugement. Pour ceux qui aiment le Seigneur, Sa présence sera une joie infinie, le Paradis et la vie éternelle. Pour ceux qui le haïssent, la même présence sera torture infinie, l’Enfer et la mort éternelle.
 
« Que tous soient un »

Lors de la Dernière Cène, le Christ a prié pour « que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi et que je suis en toi, qu’ils soient en nous, eux aussi » (Jean 17,21). Tout comme les trois Personnes de la Trinité « reposent » l’une dans l’autre dans le perpétuel mouvement de l’amour, l’homme, fait à l’image de la Trinité, est appelé à se «reposer » dans le Dieu-Trinité.

Hors l’Église, pas de salut

Saint Cyprien écrit : « L’homme ne peut avoir Dieu pour Père s’il n’a pas pour Mère l’Église ». Dieu est salut, et le pouvoir rédempteur de Dieu est médié pour l’homme par Son Corps, l’Église. Le père Georges Florovsky l’exprime d’une manière un peu différente : « Hors l’Église il n’y a pas de salut puisque c’est l’Église qui est le salut ». L’Église est l’unité de ceux qui sont unis avec la Trinité. L’Église Une est unie comme sont unies les trois Personnes de la Trinité. Si un membre de l’Église fait usage de cette Église de la manière juste, pour la communion avec Dieu, il deviendra «semblable » à Dieu, il va acquérir la ressemblance divine ; selon l’expression de St. Jean Damascène, il sera «assimilé à Dieu par la vertu ». Acquérir la ressemblance divine est d’être sanctifié («déifié»), c’est devenir un «second dieu », « dieu par la Grâce ».

Voir aussi
  • Olivier Clément, L’Église Orthodoxe, 7e éd., PUF [Que sais-je ?], Paris, ???
  • Jean Meyendorff, L’Église Orthodoxe : hier et aujourd’hui, ???
  • en: Carlton, Clark. The Life: The Orthodox Doctrine of Salvation (Faith Series). (ISBN 1928653022)
  • en:Ware, Kallistos. How Are We Saved?: The Understanding of Salvation in the Orthodox Tradition. (ISBN 1880971224

Voir aussi
 
 
Cet article fait partie de la série
Spiritualité Orthodoxe

Saints Mystères
Baptême - Chrismation Eucharistie - Confession Mariage - Ordination Sainte Onction
Trois étapes
Catharsis/Purification Theoria/Illumination Théosis/Divinisation
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