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Τρίτη 23 Ιουλίου 2019

Les icônes dans la tradition orthodoxe


www.icones-grecques.com

La vénération des icônes est dans l'Eglise orthodoxe un aspect essentiel de l'expérience liturgique, c'est à dire de la contemplation du Royaume. La liturgie en effet  en sanctifiant  toutes les facultés de l'homme, amorce la transfiguration de ses sens, les rend capables d'entrevoir l'invisible à travers le visible, le Royaume à travers le Mystère.
L'icône, souligne Ouspensky, sanctifie la vue, et ainsi elle transforme la vue en vision: car Dieu ne s'est pas seulement fait entendre, il s'est fait voir, la gloire de la Trinité s'est révélée à travers la chair du Fils de l'Homme. 

 
L'Orthodoxie affirme donc le caractère christologique de l'image. Elle montre d'abord que l'image par excellence est le Christ lui-même. La Parole irreprésentable de l'Ancien Testament s'est fait chair représentable: "lorsque l'Invisible, écrit Saint Jean Damascène, s'étant revêtu de la chair, apparut visible". Le Christ n'est pas seulement le Verbe de Dieu mais son image. L'incarnation fonde l'icône et l'icône prouve l'incarnation.
Pour l'Eglise orthodoxe, la première et fondamentale icône est donc le visage du Christ. Si l'interdiction de l'Ancien Testament a été levée par et pour le Christ, elle l'a été aussi pour sa Mère et pour ses amis, pour les membres de son Corps, pour tous ceux qui dans le Saint-Esprit, participent à sa chair déifiée.
Depuis les origines, la représentation de la Mère de Dieu a eu une place privilégiée dans l'art chrétien. On peut même dire qu'aucun sujet n'a été plus souvent interprété que Marie et son Enfant. Aussi les chefs-d'oeuvre développant ce thème sont-ils innombrables tant en Orient qu'en Occident. L'iconographie des fêtes de la Mère de Dieu s'appuie  sur nombre de   textes de la liturgie byzantine, eux-même découlant non seulement des Ecritures mais aussi des Apocryphes.


l'Annonciation de Notre Très Sainte Souveraine et toujours Vierge Marie

Après notre chute, Dieu, prenant patience dans Sa miséricorde infinie, avait peu à peu préparé l'humanité, de génération en génération, par des événements heureux et malheureux, à la réalisation du Grand Mystère qu'Il tenait caché avant tous les siècles dans son Conseil trinitaire : l'Incarnation du Verbe. Alors qu'Il savait, bien à l'avance, qu'elle allait être la faute de l'homme et ses tragiques conséquences, c'est en ayant en vue le terme de ce mystère qu'Il avait pourtant créé la nature humaine, afin de s'y préparer une Mère qui, par la beauté de son âme immaculée, relevée de l'ornement de toutes les vertus, attira sur elle les regards du Tout-Puissant et devint la chambre nuptiale du Verbe, le réceptacle de Celui qui contient tout, le Palais du Roi du Ciel et le terme du dessein divin.
Six mois après la conception miraculeuse de celui qui devait être en toutes choses le Précurseur du Sauveur (Luc 1:17), Gabriel, l'Ange de la miséricorde (cf. 8 novembre), fut envoyé par le Seigneur à Nazareth en Galilée, auprès de la Vierge Marie qui, au sortir du Temple, avait été fiancée au juste et chaste Joseph, pour qu'il soit le gardien de sa virginité. Surgissant soudain dans la maison sous une apparence humaine, un bâton à la main, l'Ange salua celle qui devait devenir la consolation des larmes d'Eve en disant : « Réjouis-Toi, pleine de grâce, le Seigneur est avec Toi! » (Luc 1:8). Devant cette étrange apparition la Vierge laissa tomber son fuseau et, toute troublée par ces paroles de l'incorporel, elle se demandait si cette annonce de joie n'était pas, comme pour Eve, une nouvelle tromperie de celui qui sait se transformer en ange de lumière (cf. II Cor. 11, 14). Mais l'Ange La rassura et Lui dit :
« Sois sans crainte, Marie, car Tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Ne T'étonne pas de mon étrange aspect et de ces paroles de joie, alors que, trompée jadis par le serpent, ta nature a été condamnée à la douleur et aux gémissements, car moi, c'est la vraie joie que je suis venu T'annoncer et la délivrance de la malédiction de la première mère (cf. Genèse 3:16). Voici que Tu concevras et enfanteras un fils, en accomplissement de la prédiction du Prophète Isaïe qui disait : "Voici que la vierge concevra et enfantera un fils!" Et Tu l'appelleras du nom de Jésus, ce qui signifie Sauveur. Il sera grand, et sera appelé Fils du Très-Haut. »


A ces paroles inouïes, la Vierge s'exclama : « Comment cela serait-il possible, puisque je ne connais point d'homme? » Elle ne mettait pas en doute la parole divine par manque de foi, comme Zacharie qui avait été pour cela puni de mutisme (Luc 1:20), mais elle se demandait comment ce mystère pourrait bien se réaliser en elle, sans l'union nuptiale, devenue la loi de la reproduction du genre humain soumis à la corruption. Comprenant ses doutes, l'Ange ne la blâma pas, mais il lui expliqua le mode nouveau de cette naissance : « L'Esprit Saint viendra sur Toi, qui a été comblée de grâce en préparation de Sa venue, et la puissance du Très-Haut Te couvrira de Son ombre. » Puis, rappelant qu'Elisabeth, celle qu'on appelait "la stérile", venait de concevoir un fils dans sa vieillesse, il lui montra ainsi que là où Dieu le veut l'ordre de la nature est vaincu, et il lui confirma que par Sa venue en elle le Saint-Esprit allait accomplir un miracle plus grand encore que la création du monde et, qu'abaissant les cieux, le Roi de l'univers, Celui qui contient tout, allait s'anéantir lui-même (Philippiens 2:7) par une ineffable condescendance, afin de demeurer en son sein, de s'y mêler en une union sans confusion à la nature humaine, et de se revêtir de sa chair, teinte en son sang virginal, comme une pourpre royale.
Inclinant alors humblement son regard à terre et adhérant de toute sa volonté au dessein divin, la Vierge répondit : « Je suis la servante du Seigneur, qu'il m'advienne selon Ta parole! »
Par ces paroles elle acceptait, et avec elle la nature humaine tout entière, la venue en elle de la puissance divine transmise par les paroles de l'Ange. Et c'est à cet instant même que s'accomplit la conception du Sauveur. Le Fils de Dieu devient Fils de ]'Homme, une seule Personne en deux natures. Dieu se revêt de l'humanité et la Vierge devient en toute vérité Mère de Dieu (Théotokos), afin que, par cet échange des propriétés naturelles, les hommes, délivrés de l'enfer, puissent devenir fils de Dieu par la Grâce.
L'accomplissement de ce Mystère de l'Incarnation, caché même à la connaissance des Anges, ne fut donc pas seulement l'oeuvre du Père, dans Sa complaisance, du Fils qui descendit des cieux, et de l'Esprit qui recouvrit la Vierge de Son ombre, mais le Seigneur attendait que celle qu'il avait choisie entre toutes les femmes y prenne aussi une part active par son acquiescement libre et volontaire, de sorte que la Rédemption du genre humain fût l'oeuvre commune de la volonté de Dieu et de la foi de l'homme. Ce fut donc par une libre coopération (synergie) de l'humanité au dessein divin que s'est accompli ce Grand Mystère préparé depuis l'origine du monde, que Dieu devient homme pour que l'homme devienne dieu , et que la Vierge, Epouse inépousée, est devenue pour notre nature renouvelée la source et la cause de tous les biens.

La Pentecôte

Voici, l’icône de la Pentecôte du monastère de Stavronikita, au Mont Athos, en Grèce. Cette icône, qui date du XVIIe s., nous concerne particulièrement aujourd’hui, et peut être lue avec la même actualité qu’à l’époque où elle a été peinte:

 
Nous voyons une assemblée d’hommes, assis en demi-cercle sur un banc à haut dossier. C’est une scène d’intérieur comme le signifient les maisons en arrière plan et le rideau rouge.
Les protagonistes de cette scène sont au nombre de douze, ils tiennent à la main, qui un rouleau de parchemin, qui un livre. Leur attitude est calme, leur posture hiératique, l’atmosphère semble cordiale.
On remarque aussi un espace laissé entre deux personnages attirant le regard sur la place centrale laissée vide.
Au-dessus de la maison, le ciel, d’où sortent des rayons qui se terminent par des flammes - des « langues » de feu - qui descendent et se posent sur chaque personnage.
Au bas de l’image, une cavité sombre, d’où se détache un personnage couronné, à barbe blanche, il porte à bout de bras un linge où sont déposés douze rouleaux.
La composition est symétrique, 6 hommes, 6 langues de feu de chaque côté.
La scène est lumineuse : le ciel est représenté par un fond d’or, il y a le soleil, des rais de lumière sur les bancs, des rehauts de lumière sur les vêtements.
Les douze personnages, vous l’avez compris, sont les Apôtres, du grec apostoloi, ceux qui sont envoyés en mission.
En haut Pierre et Paul, puis les quatre évangélistes tenant le Livre Saint , Matthieu et Luc (à gauche de l’image), Jean et Marc (à droite), puis Simon, Barthélémy et Philippe (ou Jude) (à gauche), André, Jacques et Thomas (à droite)
Pourquoi Saint Paul est-il représenté sur cette icône, alors qu’il n’était pas présent historiquement ce jour-là, et qu’il n’était même pas encore converti ?
C’est que l’icône ne représente pas seulement les événements décrits par les textes, elle dévoile aussi leur signification. Le sens de cette présence paraît clair : pourrait-on imaginer l'Église sans Saint Paul, un de ses colonnes ?

Une scène d'enseignement

 

Pourquoi cette place vide au milieu des apôtres ?
Cette place est celle du Christ. La place laissée vide au centre, signifie que le Christ est présent, même s’il n’est pas visible.
La place du Christ est au centre, il est le chef de lAssemblée, il est la tête de l’Eglise et c’est son Enseignement qu’avec le don de l’Esprit, l’Eglise a mission de répandre.
L’Esprit Saint leur enseignera même ce qu’ils ne pouvaient porter lorsque le Christ était là :
« Le Paraclet, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses et vous fera ressouvenir de tout ce que je vous ai dit. » (Jean 14, 26)
Le Christ dit encore : « J’ai encore bien des choses à vous dire, mais vous ne pouvez les porter maintenant ; lorsque viendra l’Esprit de vérité, il vous fera accéder à la vérité tout entière .» (Jean 16, 12-13)
L’Esprit Saint qui est donné, pour toujours, va permettre aux apôtres d’accomplir la mission qui leur a été confiée, confiée à eux qui n’étaient ni érudits ni philosophes, mais des hommes simples, des pécheurs. 

 L'icône de la Nativité (Noël) avec une icône de la Nativité de Patmos, en grand format
L'icône de la Nativité s'inspire, pour sa typologie, du récit de Saint Luc et du Kontakion de la Nativité, de Saint Romain le Mélode (VI s.). Voici ce que nous dit l'Evangéliste:
« Pendant qu’ils étaient à Bethléem, le jour de la naissance arriva. Elle mit au monde un fils, son premier-né. Elle l’enveloppa de langes et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’abri destiné aux voyageurs. » (Luc, 2, 6-7)
Au centre de l’icône, nous trouvons la représentation de la crèche, dans la grotte, et de la Mère de Dieu: « en ce jour la Vierge met au monde le Suressentiel et la terre abrite en une grotte l’Inaccessible » (in Kontakion de la Nativité).
L’âne et le boeuf ne sont pas décrits dans les Évangiles, c’est dans l’Ancien Testament, dans les prophéties d’Habacuc (Hab, III, 2) et d’Isaïe (Is, I, 3), qu’ils apparaissent (Hab, III, 2) et (Is, I, 3)
Autour de cette scène principale s’organisent d’autres scènes, que l’on lira de gauche à droite, dans un mouvement circulaire qui se déroule autour de la scène centrale.
En haut à gauche, nous voyons les rois mages, habillés comme des Persans, c’est à dire comme ceux qui vénèrent les astres. Les rois mages sont en chemin, guidés par l’Étoile, et viennent vénérer le roi de l’Univers : « et les mages avec l’Étoile cheminent » (in Kontakion).
A droite, nous trouvons les bergers: « Dans cette même région, il y avait des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leur troupeau. Un ange du Seigneur leur apparut et la gloire du Seigneur les entoura de lumière. Ils eurent alors très peur. Mais l’ange leur dit: N’ayez pas peur, car je vous apporte une bonne nouvelle qui réjouira beaucoup tout le peuple: cette nuit dans la ville de David, est né, pour vous, un Sauveur; c’est le Christ, le Seigneur.
Et voici le signe qui vous le fera reconnaître: vous trouverez un petit enfant enveloppé de langes et couché dans une crèche. » (in Luc, 2, 8-11)
La scène du bain, en bas à droite n’a pas d’origine littéraire. Le bain montre la nature humaine du Christ.
Un vieil homme se trouve en bas à gauche. On interprète cette scène comme étant le doute de Joseph, mais à l’origine, ce personnage était un des bergers, il écoutait la bonne nouvelle apportée par les anges. Peu à peu ce personnage s’est déplacé pour occuper la place qu’on lui connaît, car l’icône ne s’est pas faite en un jour, les premières représentations de la Nativité remontent au début du IVs.
L’icône de la Nativité se compose donc de cinq scènes juxtaposées: les rois mages, les anges et les bergers, le lavement, Joseph, la Mère de Dieu et l’enfant. 

Δευτέρα 22 Οκτωβρίου 2018

Théosis (déification)


Icône de tous les saints (à partir d'ici)

fr.orthodoxwiki.org




















Theosis ("divinisation", "déification") est le processus consistant à devenir un fidèle libre d'hamártía ("manquer la marque"), s'unissant à Dieu, dès cette vie et en plénitude lors de la résurrection des morts. Pour les chrétiens orthodoxes, la Théōsis (voir 2 Pierre 1:4) est le salut. La Théōsis suppose que les êtres humains sont destinés dès le commencement à partager la vie ou la nature de la Toute Sainte Trinité. Par conséquent, un fidèle, enfant ou adulte, est sauvé, délivré de l'état de non-sainteté (hamartía - qui ne doit pas être confondue avec hamártēma "péché") pour la participation dans la Vie (zōé, et non pas simplement bíos) de la Trinité - qui est éternelle. Ceci n'est pas à confondre avec l'(apothéōsis) hérétique - la "déification dans l'Essence de Dieu", laquelle est imparticipable. 
 
La théologie orthodoxe
 
La déclaration de Saint Athanase d'Alexandrie : "Le Fils de Dieu s'est fait homme, pour que nous devenions Dieu", résume parfaitement la notion de Théosis. La seconde épître de Pierre (II Pierre 1:4) affirme que que nous sommes devenus "...participants de la nature divine". Athanase amplifie le sens de ce verset quand il dit que la théosis, c'est "devenir par la grâce ce que Dieu est par nature" (De Incarnatione, I). Ce qui, autrement, semblerait absurde, que tombé, l'homme pécheur puisse devenir saint comme Dieu est saint, a été rendue possible grâce à Jésus-Christ, qui est Dieu incarné. Naturellement, l'affirmation chrétienne essentielle, que Dieu est Un, fixe une limite absolue sur le sens de theosis - il n'est pas possible pour tout être créé à devenir, ontologiquement, Dieu ou même un autre dieu.

Voir aussi

Sotériologie
 
Le salut est le but du christianisme, et la tâche de l'Église. La "théologie du salut" est appelée Sotériologie.
Le christianisme orthodoxe croit fortement que Dieu s'est fait homme, afin que l'homme devienne semblable à Dieu (St. Athanase le Grand). Cette affirmation est le résumé du concept de theosis, essentiel à la théologie et à la spiritualité orthodoxes. De cette perspective, le salut n'est pas un acquis individuel - on ne l’obtient ni de ses propres forces et moyens, ni par l'accomplissement d'une loi quelconque -, mais un processus continuel de guérison de la nature humaine déchue, en collaboration avec la grâce de Dieu. Le christianisme considère le salut comme une délivrance de notre état de pécheurs ou de notre relation au péché. Le péché n'est pas la transgression d'une loi figée (d'où découlerait la culpabilité), mais une échec existentiel, un échec de la relation avec Dieu, avec son prochain, avec la création de Dieu, avec soi-même. Le penchant vers le péché est le signe (ou le symptôme) de la maladie de la nature humaine déchue, qui a besoin de traitement. La chute, le péché, le message évangélique, le salut sont considérés dans l'Orthodoxie à travers une relation d'amour. La participation au mystère du salut devient la participation à la relation d'amour avec le Dieu trinitaire. 

L'histoire du salut
 
Dieu a créé l'homme à son image et ressemblance 

Selon les Écritures, l’homme a été crée à l’"image" et selon la "ressemblance" de Dieu (Genèse 1, 26-27).
Être semblable à Dieu, par la grâce de Dieu est l’essentiel de la vie humaine. Les Écritures relatent que Dieu a «insuflé dans ses narines l’haleine [ou l’esprit] de vie » (Genèse 2, 7). Pour l’Église Orthodoxe, cet enseignement signifie que l’homme ne saurait être tout à fait humain, tout à fait lui-même, sans l’Esprit de Dieu.
L’image de Dieu signifie que l’homme a le libre arbitre, il a la raison, le sens de la responsabilité morale, tout ce qui sépare l’homme de l’animal et qui en fait une personne. Mais l’image signifie encore plus. Elle signifie le fait que nous sommes des « descendants » (Actes 27,28) de Dieu, nous sommes apparentés à Lui. Entre nous et Lui, il y a un point de contact, une similarité essentielle. L’abîme entre la créature et le Créateur n’est point indépassable, car nous avons été faits à l’image de Dieu et, pour cela, nous pouvons connaître Dieu et être en communion avec Lui.
La chute de l'homme

L’histoire de la Création et surtout celle d’Adam et Éve nous parle de la bonté fondamentale de tout ce qui existe et de la supériorité de l’homme par rapport aux autres créatures. Elle nous montre que l’origine du mal ne réside pas en Dieu, mais dans la plus parfaite de ses créatures, dont le choix libre du péché a porté dans le monde le mal et la mort, elle nous raconte comment l’homme a perdu la "ressemblance" à Dieu, la réponse à l’amour de Dieu.
L’Église nous enseigne que, lorsque nous ne répondons pas à l’amour de Dieu, notre humanité s’en retrouve diminuée. L’acte de foi qu’il demande de notre part n’est pas très différent de la foi et de la confiance que nous accordons aux gens autour de nous. Lorsque nous ne répondons pas à l’amour qui nous est donne par les gens qui nous aiment, nous devenons des individus superficiels et endurcis. 

Les prophètes

Depuis que l’homme était encore à l’image de Dieu, la quête de sens a été pour lui tout aussi importante que l’air et l’eau. La Création-même, oeuvre de Dieu, nous Le montrait. Mais, avant la venue du Christ, la signification du monde et de notre place à son intérieur était encore difficile à comprendre. Les gens ont créé des histoires pour les aider à expliquer le grand mystère de leur propre existence, du monde et de Celui qui était responsable de leur existence. Mais la connaissance du vrai Dieu leur échappait. Les Saintes Écritures parlent de cette absence de la connaissance comme obscurité. Dieu a envoyé alors des messagers pour leur parler, des saints hommes et femmes à travers lesquels il a fait des miracles, des prophètes qui annoncent le salut prochain. Finalement, Dieu a envoyé son propre Fils, Jésus Christ. Lorsqu’Il est venu, Celui qui a créé le monde a été enfin révélé au monde, en apportant de la lumière à ceux qui gisaient dans l’obscurité.
 
L'Incarnation

Mais, puisque l’homme est tombé, l’Incarnation n’est pas seulement un acte d’amour, mais aussi un acte de salut. Jésus Christ, en réunissant Dieu et l’homme dans sa personne, a rouvert à l’homme la voie de l’union avec Dieu. Dans sa propre personne, le Christ nous a montré ce qu’est la véritable « ressemblance à Dieu », et par son glorieux sacrifice rédempteur, il a replacé cette ressemblance à la portée de l’homme. Le Christ, le Second Adam est venu sur terre et il a renversé les effets de la désobéissance du premier Adam.
 
L’Église

La rédemption signifie que le monde n’est pas un but en soi, mais une réalité qui nous indique une autre, plus vaste, celle de l’amour de Dieu pour nous et pour tout ce qui est autour de nous. Le monde, le temps, l’histoire, nos vies elles-mêmes sont "une épiphanie de Dieu, un instrument de sa révelation, de sa présence et de son pouvoir".
Dieu n’a pas abandonne son peuple après l’Ascension du Christ aux ciel. Depuis la Pentecôte, Son Église est toujours présente. 

Le jugement dernier

Le Christ va juger tous les peuples seulement en considérant comment ils l’ont servi en travaillant l’un pour l’autre, le dernier de ses frères. Ceci va montrer comment chaque personne a aimé Dieu et son prochain, l’amour de Dieu et l’amour du prochain étant devenu un, un amour dans le Christ et qui est le Christ. Aimer de cet amour est aimer avec l’amour du Christ est d’accomplir son "nouveau commandment" : "comme Je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres" (Jean 13,34-35; 15,12).Ceci comprend toute la vie de l’esprit. C’est par cela – et uniquement par cela – que l’homme sera jugé. Ceci est le couronnement de toute vertu et de toute prière, le plus grand et le plus parfait des fruits de l’Esprit de Dieu dans l’homme. La venue finale du Christ sera le jugement de tous les hommes. Sa présence-même se sera le jugement. Pour ceux qui aiment le Seigneur, Sa présence sera une joie infinie, le Paradis et la vie éternelle. Pour ceux qui le haïssent, la même présence sera torture infinie, l’Enfer et la mort éternelle.
 
« Que tous soient un »

Lors de la Dernière Cène, le Christ a prié pour « que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi et que je suis en toi, qu’ils soient en nous, eux aussi » (Jean 17,21). Tout comme les trois Personnes de la Trinité « reposent » l’une dans l’autre dans le perpétuel mouvement de l’amour, l’homme, fait à l’image de la Trinité, est appelé à se «reposer » dans le Dieu-Trinité.

Hors l’Église, pas de salut

Saint Cyprien écrit : « L’homme ne peut avoir Dieu pour Père s’il n’a pas pour Mère l’Église ». Dieu est salut, et le pouvoir rédempteur de Dieu est médié pour l’homme par Son Corps, l’Église. Le père Georges Florovsky l’exprime d’une manière un peu différente : « Hors l’Église il n’y a pas de salut puisque c’est l’Église qui est le salut ». L’Église est l’unité de ceux qui sont unis avec la Trinité. L’Église Une est unie comme sont unies les trois Personnes de la Trinité. Si un membre de l’Église fait usage de cette Église de la manière juste, pour la communion avec Dieu, il deviendra «semblable » à Dieu, il va acquérir la ressemblance divine ; selon l’expression de St. Jean Damascène, il sera «assimilé à Dieu par la vertu ». Acquérir la ressemblance divine est d’être sanctifié («déifié»), c’est devenir un «second dieu », « dieu par la Grâce ».

Voir aussi
  • Olivier Clément, L’Église Orthodoxe, 7e éd., PUF [Que sais-je ?], Paris, ???
  • Jean Meyendorff, L’Église Orthodoxe : hier et aujourd’hui, ???
  • en: Carlton, Clark. The Life: The Orthodox Doctrine of Salvation (Faith Series). (ISBN 1928653022)
  • en:Ware, Kallistos. How Are We Saved?: The Understanding of Salvation in the Orthodox Tradition. (ISBN 1880971224

Voir aussi
 
 
Cet article fait partie de la série
Spiritualité Orthodoxe

Saints Mystères
Baptême - Chrismation Eucharistie - Confession Mariage - Ordination Sainte Onction
Trois étapes
Catharsis/Purification Theoria/Illumination Théosis/Divinisation
Hésychasme
Nepsis - Metanoia Hesychia - Phronema Mysticisme - Nous
Ascéticisme
La Chasteté - L'Obéissance
La Stabilité - Le Jeûne
La Pauvreté - Le Monachisme
Vertus
Humilité - Générosité Chasteté - Douceur Tempérance - Contentement Diligence
Prière
Culte - Vénération Règle de Prière - Prière de Jésus Reliques - Signe de la Croix
Pères de l'Eglise
Pères Apostoliques Pères du désert Cappadociens La Philocalie des Pères neptiques L'échelle sainte

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Σάββατο 20 Οκτωβρίου 2018

DIEU DONNE LA PRIERE A CELUI QUI PRIE


Par STARETS SILOUANE - Moine du Mont Athos (1866-1936)
Source: "Starets Silouane, Vie-Doctrine-Ecrits, par l'Archimandrite Sophrony, Ed. Présence P : 274, 344, 288, 298
Orientation Orthodoxe Dogmatique Elaborée
 
Celui qui aime le Seigneur se souvient toujours de Lui, et le souvenir de Dieu fait naître la prière. Si tu ne te souviens pas du Seigneur, tu ne prieras pas non plus. Sans prière, l'âme ne demeurera pas dans l'amour de Dieu, car c'est par la prière que vient la grâce du Saint-Esprit. Par la prière, l'homme se garde du péché, car l'esprit en état de prière est absorbé par Dieu. Avec humilité, il se tient devant la Face du Seigneur que son âme connaît.
Mais, bien entendu, un débutant a besoin d'un guide spirituel, parce qu'avant la venue de la grâce du Saint-Esprit, l'âme doit soutenir un grand combat avec les ennemis et ne peut pas encore reconnaître quand c'est l'Ennemi qui lui apporte sa douceur. Seul peut le discerner celui qui a personnellement goûté à la grâce du Saint-Esprit. Qui a goûté au Saint-Esprit distingue la grâce à son goût.
O homme apprends l'humilité du Christ, et le Seigneur te donnera de goûter la douceur de la prière. Si tu cherches la prière pure, sois humble, sois sobre, confesse-toi sincèrement, et la prière t'aimera. Sois obéissant, soumets-toi de bon cœur aux autorités, sois content de tout, et alors ton esprit se purifiera des vaines pensées. Souviens-toi que le Seigneur te voit et sois dans la crainte de blesser ton frère ; ne le juge pas, ne le peine pas, même par l'expression de ton visage, - et alors le Saint-Esprit t'aimera et t'aidera en tout.
Le Saint-Esprit ressemble à une mère pleine de tendresse. Comme une mère aime son enfant et le protège, ainsi le Saint-Esprit nous protège, nous pardonne, nous guérit, nous instruit, nous réjouit ; l'Esprit-Saint est connu dans la prière accomplie avec humilité ( ... )
Celui qui prie par habitude n'éprouve pas de changement dans sa prière, mais celui qui prie de tout son cœur connaît bien des épreuves dans la prière ; il se trouve en lutte avec l'Ennemi, en lutte avec lui-même, avec ses passions, en lutte avec les hommes ; et en tout cela, il s'agit d'être vaillant. La prière incessante procède de l'amour, mais on la perd par les jugements, les vaines paroles et l'intempérance. Celui qui aime Dieu peut penser à Lui jour et nuit, car aucune occupation ne peut empêcher d'aimer Dieu. Les Apôtres aimaient le Seigneur sans que le monde ne les dérange, et cependant ils se souvenaient du monde, ils priaient pour lui et ils s'adonnaient à la prédication ( ... )
A moins de prier pour les ennemis, l'âme ne peut pas avoir de paix. L'âme à laquelle la grâce de Dieu a enseigné à prier aime avec compassion toute créature, et tout particulièrement l'homme. Sur la Croix, le Seigneur a souffert pour les hommes et son âme a été dans l'agonie pour chacun d'entre nous.
Le Seigneur m'a appris l'amour des ennemis. Privés de la grâce divine, nous ne pouvons pas aimer les ennemis, mais l'Esprit-Saint apprend à aimer ; et alors on aura de la compassion même pour les démons, car ils se sont détachés du bien, ils ont perdu l'humilité et l'amour de Dieu. je vous en supplie, faites un essai. Si quelqu'un vous offense, ou vous méprise, ou vous arrache ce qui vous appartient, ou persécute l'Eglise, priez le Seigneur en disant : « Seigneur, nous sommes tous tes créatures ; aie pitié de tes serviteurs et tourne-les vers le repentir. » Alors, tu porteras perceptiblement la grâce dans ton âme. Au commencement, force ton cœur à aimer tes ennemis ; le Seigneur, voyant ta bonne intention, t'aidera en tout, et l'expérience elle-même t'instruira. Mais celui qui pense du mal de ses ennemis, l'amour de Dieu n'est pas en lui, et il n'a pas connu Dieu ( ... )
Oh ! comme il faut demander au Seigneur de donner à l'âme humble l'Esprit-Saint! L'âme humble jouit d'une grande paix, mais l'âme orgueilleuse se tourmente elle-même. L'homme orgueilleux ne connaît pas l'amour divin, il est loin de Dieu. Il est fier d'être riche, ou instruit, ou dans la gloire, mais il ignore, le malheureux, sa pauvreté et sa ruine en ne connaissant pas Dieu. Mais le Seigneur aide celui qui lutte contre son orgueil à triompher de cette passion ( ... )
Avant d'être touché par la grâce, l'homme vit en pensant que tout est bien et en ordre dans son âme : mais lorsque la grâce le visite et demeure avec lui, il se découvre tout autre ; et ce n'est qu'ensuite, lorsque la grâce l'abandonne de nouveau, qu'il se rend compte que vivre sans la grâce est un grand malheur ( ... )
J'écris la vérité parce que j'aime les hommes. En effet, mon cœur souffre pour eux. Si je peux aider une seule personne à trouver le chemin qui sauve, je remercierai toujours Dieu. 0 peuples de la terre ! J'ai soixante-douze ans. je vais bientôt mourir. J'écris pour vous sur la tendresse de Dieu. Par le Saint-Esprit, le Seigneur m'a fait connaître cette tendresse. Et le Saint-Esprit m'a appris à aimer tous les hommes. je vous dis la vérité : je ne trouve rien de bon en moi. J'ai fait beaucoup de péchés, mais le Saint-Esprit les a effacés. C'est l'amour de Dieu qui m'a poussé à écrire.
                                                                                                                                               

Τρίτη 24 Απριλίου 2018

Hésychasme — la paix de l'âme ou le silence en Dieu

 
« Acquiers la paix intérieure, et des âmes par milliers trouveront le salut auprès de toi. » Saint Séraphim de Sarov.
Saint Séraphim de Sarov
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L'hésychasme (prononcé hésykaste, du grec ησυχασμός/hesychasmos de ησυχία/hesychia, "l'immobilité, le repos, calme, le silence") est une pratique spirituelle mystique enracinée dans la tradition de l'Église orthodoxe, pratiquée (en grec ησυχάζω/hesychamo, ce qui signifie : "être en paix, garder le silence") par l'hésychaste. Comme son nom l'indique, elle vise la paix de l'âme ou le silence en Dieu. Cette tradition trouve son expression dans la Philocalie des Pères Neptiques, recueil de traités et de conseils concernant la vie spirituelle et la pratique de la prière.
La recherche de l'hésychia peut être comprise en plusieurs sens : comme une recherche de ses conditions extérieurs ou de l'état intérieur lui correspondant. Le premier, le plus littéral, signifie "fuir les hommes" (selon la Parole donnée à Arsène, lorsqu'il demande les conditions du salut : "fuis les hommes, demeure en silence, tiens-toi en repos"<ref: En ce temps-là, Abba Arsène habite encore dans le palais du roi. Il fait cette prière à Dieu : "Seigneur, conduis-moi sur le chemin où je serai sauvé". Une voix lui répond : "Arsène, fuis loin des hommes et tu seras sauvé". Arsène part loin des hommes. Il vit seul. Il recommence la même prière : "Seigneur, conduis-moi sur le chemin où je serai sauvé". Il entend une voix. Elle dit : "Arsène, fuis, tais-toi, demeure en repos. Voilà les racines d'une vie sans péché".)>, s’éloigner des tentations mondaines : c’est la voie des moines, lieu par excellence de l'épanouissement de la spiritualité hésychaste.
Cependant l’hésychasme n’est pas une spiritualité réservée aux moines : les grands théologiens de l’hésychasme, comme le moine Grégoire Palamas, ont toujours insisté sur l’obligation commune aux laïcs et aux moines de prier sans cesse. La vocation de l’homme, sa divinisation, est unique et universelle, c'est-à-dire qu'elle est la même pour tous les êtres humains, quelque soit notre état. La fuite du monde dans un lieu de repos n’est donc pas la fin de la voie hésychaste, elle n’en est que le moyen. Si la fuite du monde est un moyen privilégié, il faut se garder de confondre ce qui n’est qu’un moyen avec la fin véritable de l'hésychasme : le repos de l’âme en Dieu, l’acquisition de la Paix du Christ. « Je vous donne la paix, je vous donne ma paix, non pas comme le monde la donne. » Cette paix s'acquiert par la douce présence du Saint Esprit dans notre cœur, préparé à une si grande visite par la vigilance intérieure de l'âme envers ses pensées (la nepsis).

Histoire de l'hésychasme

Une spiritualité monastique

L’enracinement monastique de la spiritualité chrétienne peut sembler paradoxale, quand l’on sait que les premières communautés chrétienne ignorait le monachisme (alors que ce mode de vie n’était pas inconnu de la culture juive de l’époque). Le désert était considéré comme le lieu du diable, dont Dieu fit sortir Israël. Si les prophètes s’y aventuraient, c’était pour l’affronter, faire reculer son territoire. Le désert qu’affrontaient les chrétiens des premiers siècles, c’était l’hostilité de ce monde. Quand le christianisme, au IVe siècle, est accepté et même honoré par le monde, les anachorètes devinrent plus nombreux [Le premier était dans le désert égyptien]. Ceux-ci continuaient la traversée du désert commencée dès les premiers siècles, contre le risque de l'assoupissement de l'église dans le monde soudain accueillant. L'Église adopta la spiritualité des moines, qui en devinrent l'avant-garde spirituelle.

Antoine le Grand

Prototype de ceux qui partirent au désert pour y affronter le démon, et sortirent de ce combat illuminé d'une grande paix intérieure et d'une capacité de discernement qui attirèrent autour de lui les âmes en quête du salut. 

Photo d'ici

Évagre le pontique

Évagre (346-399) fut formé auprès des Cappadociens, st Basile de Césarée et St Grégoire le Théologien.

Macaire
Saint Diadoque de Photicé
Grégoire de Nysse
St Maxime le Confesseur
St Grégoire Palamas

Grégoire Palamas

L’objectif le plus élevé de la voie hésychaste est la connaissance par expérience de Dieu. Au Modèle:S-, la possibilité de cette expérience de Dieu a été contestée par un moine calabrais, Barlaam, qui bien que membre de l'Église orthodoxe, était fortement influencé par la théologie scolastique occidentale. Barlaam affirmait que notre connaissance de Dieu ne pouvait être que propositionnelle. La pratique de l’hésychasme a été défendu par Saint Grégoire Palamas, dont le nom est fêté le deuxième dimanche du Grand Carême orthodoxe. Il est considéré comme le principal représentant de la tradition hésychaste.
Barlaam le Calabrais évoquant certaines pratiques « psychophysiques » s'était moqué des hésychastes[1], en les traitant d'« omphalopsyques » (dont l'âme est dans le nombril), les accusant de prétendre voir Dieu en contemplant leur nombril [2].

Païssy Vélichkovsky 

La tradition hésychaste dans l’Église d’Occident

Si Saint Jean Cassien n'est pas représenté dans la Philocalie à l'exception de deux brefs extraits, cela est probablement dû au fait qu'il écrivait en latin. Cependant, ses œuvres (Les institutions cénobitiques et les Conférences) sont la transmission des doctrines ascétiques des moines d'Égypte, et en particulier d'Évagre à l'Occident. Ces ouvrages ont constitué la base d'une grande partie de la spiritualité de l'Ordre de saint Benoît et des ordres qui en ont dérivé. Ainsi, la tradition de saint Jean Cassien en Occident concernant la pratique spirituelle de l'ermite peut être considérée comme une tradition parallèle et puisant ses origines dans la même source que celle de hésychasme pour l'Église orthodoxe.
Saint Jean Cassien
Par ailleurs, la théologie catholique enseigne, suivant Thomas d'Aquin, que la grâce divine est toujours créée et que l'essence divine est acte pur, ce qui a pour conséquence d'unir les deux phénomènes en un seul[3]. Ainsi, la distinction entre "essence" et "énergie" en Dieu, exprimée par le saint orthodoxe Grégoire Palamas (dans sa Défense des hésychastes) n'a jamais été reconnue par l'Église catholique. Cette distinction permet de rendre compte, selon l'enseignement de l'Église orthodoxe, de la possibilité pour l'homme de participer aux énergies de Dieu, sans jamais prétendre accéder à son essence, au-delà de toute chose et inconnaissable.
Cependant, et indépendamment de cette distinction - certes essentielle dans la compréhension de l'Église orthodoxe - la spiritualité hésychaste, du fait de sa richesse et de son ampleur, s'est fait connaître en dehors des frontières de l'Église orthodoxe. Elle a pu être appréciée par des spirituels catholiques, particulièrement si l'on en donne une définition élargie comme la « recherche de la paix en Dieu ». C'est ainsi qu'un livre écrit par un frère Carme la comprend comme « voie de la tranquillité ». En ce sens, peut-il écrire sur son universalité :
Aussi, très pédagogiquement, le Christ dit à Arsène : « Reste tranquille ! », ce qui en grec se dit « hésuchasé ! » Cette pratique est à l'origine de l'hésychasme, courant monastique de solitude qui, en réalité se confond avec les origines mêmes du monachisme oriental. Ce fondement se retrouve dans toute vie et recherche authentique de Dieu, en Orient comme en Occident. Il ne peut y avoir de vie monastique, de vie de solitude ou de vie de relation authentique à Dieu sans cette ascèse de la disponibilité à son œuvre créatrice en nous, sans rester tranquille sous sa main puissante.[4]

L'anthropologie hésychaste

Il s'agit, par un certain mode de vie, de rétablir l'homme tel que Dieu l'a créé avant sa chute, à son image et à sa ressemblance (Genèse, 1:26). Il faut ajouter que, selon la voie hésychaste, l'homme peut non seulement rétablir en lui l'image de Dieu, mais devenir comme « participant de la nature divine » (2 Pierre, 1:4). Selon l'Église orthodoxe, en effet, l'Incarnation de Dieu dans le Christ avait comme finalité de permettre à la nature humaine d'être déifiée. La voie hésychaste n'est pas autre chose que la voie de cette déification, voie d'union à Dieu. Cependant, cette union est une union d'amour. Il s'agit d'une voie d'humilité, où l'on demande à Dieu de venir habiter dans notre corps ("temple du Saint Esprit" selon Saint Paul, 1 corinthiens 6:19). Il ne saurait s'agir d'une technique ou d'une méthode permettant d'accéder à la divinité par ses propres forces. Il s'agit au contraire d'apprendre à s'ouvrir la divinité, afin que ce ne soit plus notre volonté propre qui travaille en nous, mais la volonté de Dieu.

La théologie hésychaste

La théologie hésychaste est inséparable d'une ascèse, c'est-à-dire d'une pratique. Devenir réellement théologien, ce n'est pas lire des livres, c'est éprouver la vérité de la théologie dans l'expérience de la prière. C'est ce qu'affirma Évagre : "si tu es théologie, tu prieras vraiment, et si tu pries vraiment, tu es théologien." (Évagre, Chapitres sur la prière, n°61, trad. J. Touraille, in Philocalie des Père Neptiques, tome A1, p.103) La théologie n'est donc pas affaire de spécialistes, d'universitaires, mais l'affaire de tous chrétiens, dont le sens de l'existence est la connaissance de Dieu, une connaissance non pas livresque, mais intime, intérieure, dans le cœur.

La Prière hésychaste

La prière de Jésus et la prière du Cœur

Voir l'article : Prière de Jésus

Une forme de prière spécifique caractérise l'oraison hésychaste : cette forme consiste en l'invocation répétée du nom de Jésus au rythme de la respiration. Cette forme est appelée "prière de Jésus" car il s'agit de faire « descendre Jésus » dans le cœur, réceptacle du Saint-Esprit. Cette forme est privilégiée, car elle permet de rester en prière en permanence, tout le long du jour, au milieu des occupations du monde. Elle permet à la fois une présence continuelle à la prière et le souvenir perpétuel de Dieu. Cependant l'hésychasme ne peut être réduit à une méthode de prière. Il faut par ailleurs remarquer que la prière vocale n'est que la prémisse de la prière véritable, celle de l'union à Dieu, au-delà de toute parole. C'est cette dernière prière que l'orthodoxie nomme prière du cœur.
La prière de Jésus a été rapproché, par plusieurs historiens des religions, de certaines pratiques du souffle orientales[5] comme le mantra hindou ou le Zhikr soufi. Nous parlons plus longuement, plus bas dans cet article, du rapprochement de l'hésychasme à ces prières orientales.
La prière hésychaste est une tradition chrétienne de prière où la participation du corps est importante.

L’attention intérieure comme ascèse de l’esprit

La pratique hésychaste consiste à acquérir la paix et le silence intérieurs et à s'isoler de l'affection des sens physiques. Les hésychastes interprètent l'injonction du Christ dans l'Évangile de Matthieu : « Allez dans votre réduit pour prier », pour signifier qu'il est nécessaire s'isoler des sens extérieur et de se tourner vers l'intérieur. Saint Jean du Sinaï, écrit : «Le vrai solitaire s'efforce de tenir renfermée et comme en prison dans son propre corps la substance incorporelle de son âme — suprême paradoxe." (L'Echelle sainte, degré 27.7) Puis, il décrit ainsi la pratique hésychaste :
Ayez soin de vous tenir sur la partie la plus élevée de vous-même pour voir comment, quand, et d'où viennent les voleurs qui désirent ravager la vigne spirituelle de votre âme, et pour connaître combien ils sont nombreux.
Une âme fatiguée des exercices de piété saura bien se rétablir et vaquer à la prière, et puis après reprendre ses exercices spirituels avec une ardeur toute nouvelle. (L'Echelle sainte degré 27.23-24)
Ce passage montre l'importe, pour Saint Jean Climaque et à sa suite, pour l'hésychasme, d'une ascèse spirituelle, d'une vigilance (en grec, nepsis) permanente à l'égard de nos pensées (les mauvaises pensées, s'introduisant dans notre esprit étant les «voleurs»). La plupart des textes de la Philocalie traitent de cette vigilance et de l'analyse de ces pensées dont il faut apprendre à distinguer l'origine. Cette analyse « psychologique » (dans le sens d'une science de l'âme) doit beaucoup à la description par Évagre le Pontique, dans ses œuvres, des huit passions fondamentales.

La Prière de Jésus

Dans la solitude et retiré du monde, l’hésychaste répète la prière de Jésus: "Seigneur Jésus-Christ, fils de Dieu, fais-moi miséricorde, à moi pécheur." Il est important de signaler que jamais l'hésychaste ne traite la prière de Jésus comme une formule magique, une chaîne de syllabes dont la signification serait secondaire ou peu importante. L’hésychaste doit s'efforcer de réciter la prière de Jésus en portant la plus grande attention à son sens, l'animant d'une intention réelle.
La tradition hésychaste insiste sur l'importance de la vigilance et de l’attention. L’hésychaste doit s’efforcer à une extrême attention à la fois à la conscience de son monde intérieur et à l'expression de la prière de Jésus, sans laisser son esprit vagabonder. Tout en maintenant sa pratique de la Prière de Jésus, qui devient comme naturelle et perpétuelle, récitée vingt-quatre heures par jour, l’hésychaste doit cultiver l'ascèse intérieure qu'est la sobre vigilance (nepsis) à l'égard de ses pensées.
L’hésychaste doit attacher le désir, l’aspiration (Eros) à pratique de la sobriété de façon à surmonter la tentation de l’acédie (paresse). Il se doit également d'user d’une colère extrêmement dirigée et contrôlée contre les pensées de tentation. L’importance de l'humilité est fortement soulignée dans la pratique de la prière de Jésus, de grandes mises en garde sont données dans les textes au sujet du désastre que représenterait pour l’hésychaste d’agir dans l'orgueil, l'arrogance ou la prétention.

La garde du Cœur

L’hésychaste s'efforce, selon le conseil des Pères, de faire descendre son esprit (ou intelligence, en grec noûs) dans son cœur. Si cette descente de l'esprit dans le cœur a pu être comprise d'une façon littérale et non métaphorique, comme se rapportant au cœur physique, ce qui est véritablement recherché, c'est le « lieu du cœur » comme lieu le plus intérieur de la personne, où s'unifie le corps et l'esprit. L'objectif, à ce stade, est de continuer la pratique de la prière de Jésus avec l'esprit dans le cœur, en ayant une pratique libre d'images et d'affections extérieures (voir Pros Theodoulon). Ce qui signifie que par l'exercice de la sobriété (l'ascèse mentale contre les pensées de tentation), l’hésychaste arrive à une pratique incessante, continuelle, de la prière de Jésus avec son esprit et dans son cœur, où sa conscience n'est plus occupée par l’apparition spontanée d’images : son esprit a une certaine immobilité et comme vide, ponctué seulement par la répétition incessante de la prière de Jésus.
Cette étape est appelée la garde du cœur. Il s'agit d'un stade très avancé de la pratique ascétique et spirituelle, et tenter d'y accéder prématurément, surtout avec des techniques psychophysiques, peut provoquer de très graves dangers spirituels et émotionnels. Saint Théophane le Reclus a déjà fait remarquer que la respiration et les postures corporelles techniques ont été pratiquement interdit dans sa jeunesse, puisque au lieu d'avoir l'Esprit de Dieu, les gens n'ont réussi seulement qu'« à ruiner leurs poumons ».

L'expérience de Dieu

La garde de l'âme est l'objectif concret de l’hésychaste. Elle est un effort permanent jusqu’aux derniers instants. C’est dans la garde de l'esprit qu'il est porté à la contemplation par la grâce de Dieu.
Les hésychastes expérimentent généralement la contemplation de Dieu comme lumière (la "Lumière incréée" dont parle en particulier saint Grégoire Palamas). Quand l'hésychaste, par la miséricorde de Dieu, vit une telle expérience, il n'y demeure pas pendant une durée très longue (sauf de rares exceptions, comme par exemple dans la Vie de saint Savas le Fou en Christ, écrite par saint Philotheos Kokkinos au Modèle:S-), mais il retourne dans l'état où il doit continuer d'exercer la garde du cœur.
La tradition orthodoxe met en garde contre toute recherche de l'extase comme fin en soi. L’hésychasme est une tradition complexe de pratiques ascétique ancrées dans la doctrine et la pratique de l'Église orthodoxe et destinés à purifier les membres de l'Église orthodoxe et à les préparer à rencontrer Dieu quand, et si Dieu le veut, et par la grâce de Dieu. Le but est d'acquérir, par le biais de la purification et de la Grâce, l' Esprit Saint et le salut. Tous états extatiques ou autres phénomènes inhabituels qui peuvent se produire dans le courant de la pratique hésychaste sont à l’égard de cette fin considérés comme secondaires et sans importance, voire dangereux. Bien plus, la recherche d'expériences « spirituelles » inhabituelles peut en elle-même causer beaucoup de tort, au détriment de l'âme et de l'esprit du chercheur. Une telle recherche d'expériences « spirituelles » peut conduire à l'illusion spirituelle (en russe prelest, en grec plans), - l'antonyme de la sobriété - dans laquelle une personne se croit déjà sainte, a des hallucinations et « voit » des Anges, le Christ, etc. Cet état d'illusion spirituelle est, d’une manière superficielle et égoïste, agréable, mais peut conduire à la folie et au suicide, et, d'après les pères hésychastes, rend impossible le salut véritable.
Le mont Athos est le centre spirituel de la pratique de l’hésychasme. Saint Païssy Velitchkovsky et ses disciples répandirent l’hésychasme en Russie et en Roumanie, même si la pratque de la prière de Jésus était déjà connu en Russie, comme l’atteste la pratique autonome de saint Séraphin de Sarov.

La méthode hésychaste et les pratiques de méditation orientales

Si la pratique hésychaste peut être comparée - en raison de l'attention accordée aux postures du corps, au rythme de la respiration, à l'invocation perpétuelle - à la prière ou la méditation mystique des religions orientales (bouddhisme, hindouisme, jaïnisme , et en particulier avec le yoga) ou le soufisme ; cette ressemblance doit cependant être nuancée, d'autant plus qu'elle est généralement rejetée par ceux qui s’inscrivent dans la tradition mystique et orthodoxe de l’hésychasme. En effet, les postures corporelles et la maîtrise de la respiration sont considérées toutes deux comme secondaires par les héritiers modernes de la tradition hésychaste au mont Athos (cf. Starets Éphraim de Katounakia, p.114 (édition grecque)) et par les plus anciens textes de la Philocalie (par exemple Sur les Deux méthodes de Prière de saint Grégoire du Sinaï), insistant sur le rôle primordial de la Grâce de Dieu qui précède et amène à leur plein accomplissement nos efforts. En aucun cas, l'hésychasme ne saurait être considéré comme une « méthode » permettant d'arriver à la déification par nos propres moyens.
La pratique hésychaste, telle qu'elle est enracinée dans la tradition orthodoxe, est par ailleurs pleinement intégrée à la vie liturgique et sacramentelle de l'Église orthodoxe, comme le cycle quotidien de la prière de l'Office divin et de la Divine Liturgie. Si l’hésychaste limite ses activités extérieures afin de préserver sa prière, les prières liturgiques ne sont pas considérées comme des activités extérieures, mais au contraire comme un soutien à la prière intérieure. Il est ainsi toujours supposé, dans les textes hésychastes, que celui-ci est un membre de l'Église orthodoxe, et qu'il en respecte les prescriptions.

Références
 
  • Voir par exemple Curiosités théologiques par un bibliophile, Paris, Garnier, s. d., p. 116-117.
  • Marie-Hélène Congourdeau, dans J.-M. Mayeur et al. (dir.), Histoire du christianisme, Desclée-Fayard, t. 6, 1990, p. 560.
  • CATHOLIC ENCYCLOPEDIA: Hesychasm
  • L'Hésychia, Chemin de la tranquillité surnaturelle et de la fécondité ecclésiale, par Un frère Carme, Éditions du Carmel, Toulouse, 2008 
  • Encyclopædia Universalis, art. Hésychasme
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    Bibliographie
    • La spiritualité orthodoxe et la Philocalie, Père Placide Deseille, Bayard éditions, L'aventure intérieure, Paris, 1997.
    • St Grégoire Palamas et la mystique orthodoxe, Jean Meyendorff, Seuil, Maîtres sprituels, Paris, 1994.
    • La Philocalie des Pères Neptiques, trad. Touraille
    • L'échelle sainte, Saint Jean Climaque
    • L'art de la prière, Higoumène Chariton
    • L'Hésychia, chemin de la tranquillité surnaturelle et de la fécondité ecclésiale, par un frère carme, Éditions du Carmel, Toulouse, 2008.
    Voir aussi